Une nouvelle sainte originaire de notre diocèse — Diocèse de Besançon

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Une nouvelle sainte originaire de notre diocèse

Publié le 18/02/2025

Crédit photo : Yves Favier

Dernièrement, le Pape François a canonisé les carmélites de Compiègne, guillotinées pendant la Révolution française. La famille de la prieure du carmel, Thérèse de Saint Augustin, était originaire de notre diocèse. Qui était ces carmélites ?

Les carmélites déchaussées de Compiègne, victimes de la Terreur

Contraintes de quitter leur monastère le 14 septembre 1792, en pleine vague anticléricale, elles trouvent refuge dans des localités différentes et doivent revêtir des habits civils, le port des habits religieux étant interdits par les nouvelles autorités. Peu après, mère Thérèse de Saint-Augustin propose aux sœurs de sa communauté d’offrir leur vie pour le salut de la France. Le 27 novembre de la même année, elles récitent un «acte de don de soi» écrit par la prieure, plus tard complété par une intention pour que les exécutions au moyen de la guillotine et pour la libération des personnes incarcérées.

Avec l’entrée en vigueur de la Terreur, les carmélites sont dans le viseur des révolutionnaires. Leurs logements sont perquisitionnés le 21 juin 1794, elles sont arrêtées le lendemain, accusées de poursuivre leur vie consacrée et de sympathie pour la monarchie. Le 12 juillet elles sont transférées à la prison de la Conciergerie. Le 16, elles célèbrent la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, élevant des hymnes de joie et profitent de ces quelques jours d’incarcération pour reprendre leur vie communautaire. Elles sont jugées le 17 et exécutées le même jour sur le site de l’actuelle place de la Nation.

Sur le trajet les menant à l’échafaud, et alors qu’elles montent les unes après les autres les marches vers la guillotine, elles chantent des psaumes, entonnent le Veni creator renouvelant leurs vœux à la prière avant d’être décapitées. Leur dignité et leur dévotion lors de leur exécution imposa le silence à la foule impressionnée.

Xavier Sartre – Vatican News – 18 décembre 2024

Une conférence donnée le 17 janvier 2025 à passavant-la-rochère

« HéROÏCITé DES SŒURS CARMéLITES DURANT LA RéVOLUTION FRANçAISE »

Le 18 novembre dernier, le pape François a signé le décret de canonisation de la bienheureuse Thérèse de Saint Augustin et ses quinze compagnes. Il s’agit d’une canonisation équipollente*, en l’absence d’un procès de canonisation, faute de miracles, par une forme d’équivalence. Il y 230 ans, le 17 juillet 1794, à Paris, les seize carmélites de Compiègne étaient guillotinées place du Trône Renversé, aujourd’hui place de la Nation.

Madame Lidoine, en religion Thérèse de Saint Augustin, une figure d’exception, succède en 1786 à madame de Croissy, en devenant la prieure du carmel. Elle a 34 ans. Peu après, elle découvre un document, le récit d’un songe mystique que fit en 1693, un siècle plus tôt, sœur Marie Elisabeth. Madame Lidoine y perçoit intuitivement une invitation prophétique qui s’adresse à elle et à sa communauté. Le songe de sœur Marie Élisabeth Baptiste Framery de Turpingant est une vision du Christ ensanglanté qui entre dans sa cellule, dans la compagnie de la sainte Mère de Dieu et de quatre autres religieuses. Le martyre n’est pas, à proprement parlé, suggéré dans le songe. Madame Lidoine y voit pourtant la communauté dans son ensemble « suivre l’Agneau de Dieu ». Cette idée est le fruit d’une vie spirituelle intense, nourrie en profondeur par les écrits de sainte Thérèse d’Avila. Les seize carmélites décident de s’offrir en holocauste pour que cesse l’épisode sanglant de la Grande Terreur instituée par Robespierre.

Au pied de l’échafaud, chaque sœur prend la bénédiction de la Supérieure : « Permission de mourir ma Mère ». Madame Lidoine y répond: « Allez ma fille ». Tel est « le Dialogue des Carmélites»**. Madame Lidoine soupire, tournée vers le Christ : « Que tes rigueurs ont pour mon cœur d’attraits ». L’accent se doit d’être porté sur le divin et le rôle de Dieu dans le sacrifice. On oublie trop souvent que le martyre est une « Théophanie », une manifestation de Dieu. Le projet de Madame Lidoine, son acte de consécration pour le retour de la paix en France dans une Église restaurée, est en adéquation avec la grande tradition du martyre chrétien en Orient comme en Occident. La profonde miséricorde du Père pour la race déchue d’Adam, la gloire du Fils unique, dans l’effusion du Saint Esprit, peuvent être vues et expérimentées dès ce monde. Les seize martyrs, carmélites de Compiègne, actrices et théophores (porteuses de Dieu) le montrent avec force et détermination. Ni regret, ni tragédie, il s’agit d’un couronnement. Du haut du ciel, Thérèse de Saint Augustin, Madame Lidoine, peut contempler l’accomplissement de la prophétie : Robespierre fut guillotiné le 27 juillet, soit dix jours après le martyre des carmélites. Il y eut encore quelques exécutions en France, mais la Terreur cessa. L’œuvre de ténèbres prit fin. Aujourd’hui, Mère Thérèse de Saint Augustin et ses sœurs prient Dieu pour nous ! 

Prêtre Joseph Demanet, du monastère orthodoxe de la Nativité de la Mère de Dieu à Godoncourt

* Equipollente = équivalente( N.D.L.R.)
**« Le Dialogue des Carmélites » référence à l’ouvrage de Georges Bernanos et à l’opéra lyrique de Francis Poulenc.

Une émission sur RCF Besançon - Belfort-Montbéliard

En avril 2022, Christophe Grudler, auteur du livre "Une carmélite à l'échafaud", parait au micro de RCF de la figure de Marie-Anne Brideau, cette Belfortaine devenue religieuse et qui, avec ses soeurs de Compiègne, a été victime de la Terreur. À cette époque là elle était encore bienheureuse

À l'annonce de la canonisation des carmélites de Compiègne, Christophe Grudler a publié un communiqué retraçant spécifiquement l'histoire des deux carmélites franc-comtoises, l'une originaire du diocèse de Besançon et l'autre, première sainte du diocèse de Belfort-Montbéliard.

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