Exposition Calixte II (1060-1124) — Cathédrale Saint-Jean Saint-Etienne

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Exposition Calixte II (1060-1124)

Guy de Bourgogne naît à Quingey (Doubs) vers
1060. Il est le fils de Guillaume le Grand, comte
palatin de Bourgogne, et d’Étiennette de Vienne.
Il est donc proche parent de toutes les familles
royales d’Europe : oncle du roi d’Espagne et de la
reine de France, cousin de l’empereur d’Allemagne
et du roi d’Angleterre…

Le Pape Franc-Comtois

Vers 1070, il fait ses études à l’école du chapitre cathédral Saint-Jean de Besançon.En 1088, il est élu archevêque de Vienne sur le Rhône. Il se lance dans une longue querelle avec son voisin, l’évêque saint Hugues de Grenoble, au sujet de la délimitation de leurs diocèses. Ce qui ne l’empêche pas d’être nommé légat du pape vers 1107. De 1107 à 1109, il est administrateur du diocèse de Besançon, alors divisé par la querelle entre les chanoines de la cathédrale Saint-Jean et ceux de l’autre cathédrale, Saint-Étienne.
En 1112, lors du concile de Vienne, il excommunie l’empereur d’Allemagne Henri V, qui s’est arrogé le droit d’investiture des évêques et abbés (querelle des Investitures). Le 2 février 1119, après la mort du pape Gélase II, Guy de Bourgogne est élu pape à Cluny. Il prend le nom de Calixte II, et est couronné à Vienne le 9 février suivant.

Portrait en mosaique de Calixte II, Basilique Saint-Paul-Hors-Les-Murs, Rome (Cliché G.-M. Moreau)

L'empereur d'Allemagne, Henri IV et son fils Henri V, Chronik des Ekkehard von Aura (source : Wikimedia Commons)

Chapelle des comtes de Bourgogne, cathédrale Saint-Jean, Besançon (Cliché G.-M. Moreau)

Un pape voyageur

Sitôt élu, Calixte II entreprend un « tour de France » de quatorze mois (février 1119 – avril 1120) : Provence, Languedoc, Poitou, Anjou, Touraine, Orléanais, Île-de-France, Champagne, Normandie, à nouveau l’Île-de-France, Bourgogne et Dauphiné.

Calixte II, gravure ancienne (XVIIIe

 siècle)



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Autel de l a chapelle Clémentine
sous-sol de l a basil ique Saint-Pierre
Vatican
Cliché G.-M. Moreau
(A travers les grilles, on aperçoit les substructions
du maître-autel de la basilique.
L’autel papal, consacré par Calixte II en 1123, se
trouve encore aujourd’hui sous le maître-autel où le
pape célèbre toutes les grandes fêtes.
 
 
 
 
Bulle du Pape Calixte II,
Reproduction issue du livre
d’Ulysse Robert (1891)
 
Le trône de Calixte II, Basilique Santa-Marie (in Cosmedin
Rome)
Cliché G.-M. Moreau
 
 

Pape de la Paix

Le fait marquant du pontificat de Calixte II est le concordat de Worms (23 septembre 1122).

Par cet accord, le pape et l’empereur rendent « à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » : évêques et abbés pourront être librement élus, sans ingérence du pouvoir politique ; en revanche, l’empereur ou son représentant les investira de leurs biens temporels.

Acte d'Henri V au concordat de Worms, manuscrit Heinricianum
Source : Wikimedia Commons

C’est la fin de la querelle des Investitures, qui déchirait papes et empereurs depuis plus de quarante ans.
L e concordat de Worms est entériné lors du concile de Latran I (mars 1123).

Le concordat de Worms
Vitrail de l a cathédrale
Saint-Jean de Besançon
Cliché G.-M. Moreau

Outre son action en Italie du Sud, Calixte II a aussi mis à profit son « tour de France » pour rencontrer le roi de France Louis VI le Gros, et le roi d’Angleterre Henri 1er Beauclerc, et les a incités à faire la paix.

Louis VI le Gros, roi de France,                                                            
recevant l’hommage de l’évêque Aimeric
lors du siège de Clermont en 1122
par les troupes françaises.
The British Library,
Les Grandes chroniques de France
[cote 16 G VI, f. 304v]
Source : http://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/

 

Henri 1er Beauclerc, roi d’Angleterre
The British Library, Cartul aire de
l’abbaye Saint-Augustin de Canterbury
[Cotton Claudius D. ii, f. 45v]
Source : http://britishlibrary.typepad.co.uk/digitisedmanuscripts/
2011/11/medieval-booze-cruise.html.

Calixte II promeut aussi la paix à l’intérieur de l’Église, ainsi qu’avec les autres chrétiens, et également envers les Juifs. A sa mort en décembre 1124, on le surnomme : « Le Père de la paix ».

Il encourage les ordres monastiques, aussi bien les anciens (Cluny, à qui il accorde d’importants privilèges) que les nouveaux (Cisterciens, Chartreux, Prémontrés). Le 23 décembre 1119, depuis Saulieu, il approuve la Carta Caritatis (Charte de charité) des Cisterciens : ce texte, composé de huit chapitres, est le statut fondamental de l’ordre de Cîteaux.

Il érige Compostelle en archevêché, ce qui rehausse le prestige du pèlerinage à Saint-Jacques. Plus tard, on lui attribuera la rédaction du Codex Calixtinus, ou Liber Sancti Jacobi : ce manuscrit (composé en fait vers 1140) est une compilation de cinq livres relatifs au pèlerinage et au culte de saint Jacques.

Cal ixte II
Vitrail de l’église abbatiale de
Saint-Antoine l’Abbaye (38)
Cliché G.-M. Morea

Il règle la querelle entre les deux chapitres cathédraux de Besançon, au profit de Saint- Jean (novembre 1121). Il met ainsi fin à une dispute vieille de trente ans, qui déchirait la ville de Besançon. Les deux chapitres finiront même par être unis en 1253.

Manifestant sa volonté de réunir les Églises d’Orient et d’Occident, il écrit une lettre à l’empereur byzantin Jean II Comnène, afin de l’inciter à mettre fin au schisme de 1054 qui avait vu la séparation entre Rome et l’Église grecque.
Par la bulle Sicut Judaeis, il incite les chrétiens à de meilleurs comportements vis-à-vis des Juifs. S’indignant de massacres commis durant la croisade, il interdit aux chrétiens, sous peine d’excommunication, de baptiser les Juifs de force, de prendre leurs biens, de les mettre à mort sans jugement, ou de perturber la célébration de leurs fêtes.

Prologue du Codex Cal ixtinus cathédrale de
Compostelle, Manuscrit censé avoir été rédigé par Calixte II
Source : Wikimedia Common

conception : Gilles-Marie Moreau, Chloé Baverel - mai 2019
 
 
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