Notre religion est-elle meilleure que les autres ?
La logique de la foi
En tant que chrétiens nous affirmons que Jésus Christ, Fils du Dieu vivant est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, que lui seul est notre Sauveur. Comme l’affirme Pierre devant les prêtres juifs : « En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. » (Ac 4, 12). Nous ne pouvons à aucun prix renoncer à cette affirmation de foi. Ainsi, « quiconque refuse le Fils n’a pas non plus le Père ; celui qui reconnaît le Fils a aussi le Père. » (1Jn 2, 23).
De cette confession découle l’affirmation suivante : toute autre religion qui refuse le Christ Jésus ne peut pas être considérée comme une voie de salut. Il y a donc une certitude très claire, qui met l’Église du Christ à part de toutes les autres religions. En ce sens, notre religion est la seule vraie. « Cette vérité de foi n'enlève rien à la considération respectueuse et sincère de l'Église pour les religions du monde, mais en même temps, elle exclut radicalement la mentalité indifférentiste ‘imprégnée d'un relativisme religieux qui porte à considérer que toutes les religions se valent’ »[1].
La liberté de Dieu
« L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes[2]. » Il est donc de notre devoir de chrétiens de chercher et de valoriser tout ce qui est vrai et saint dans les autres religions, comme traces de l’action du Saint Esprit dans le monde.
L’Esprit agit également dans le cœur des hommes de bonne volonté, quelle que soit leur religion. Dieu peut « par des voies connues de lui amener à la foi […] des hommes qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile[3] ». Il n’y a donc pas seulement des trajectoires individuelles qui peuvent être marquées par la grâce divine, mais aussi certaines règles et doctrines des religions non chrétiennes.
Une responsabilité à assumer
L’affirmation tranquille de ces convictions qui découlent en droite ligne de notre foi en Celui qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6) n’entraîne pas chez les chrétiens un sentiment de supériorité qui permettrait de juger la foi des autres. Tout au contraire, il nous met devant une double responsabilité : celle de vivre davantage de notre foi et celle de la proposer avec énergie et conviction autour de nous.
La grâce de croire au Christ est un don qui nous est fait, immérité et gratuit. Cette foi irrigue-t-elle toutes les dimensions de notre vie, comme la sève nourrit le sarment de vigne ? Nos contemporains sont attentifs aux incohérences entre ce que nous proclamons et ce que nous vivons au quotidien. Notre volonté de conversion, le soutien de la prière peuvent réduire cet écart.
Si l’on considère qu’il est préférable d’être chrétien que de ne l’être pas, il est alors tout naturel de désirer que le plus grand nombre le devienne par la grâce du baptême et vive dans l’Église en confessant le Christ et en profitant des sacrements. Comme le rappelle Paul : « annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. [...] je ne le fais pas de moi-même, c’est une mission qui m’est confiée. » (1Co 9, 16-17). Courage !
Emmanuel Barsu, prêtre
[1] Congrégation pour la doctrine de la foi, Déclaration Dominus Iesus, 6 août 2000.
[2] Deuxième concile œcuménique du Vatican, déclaration Nostra Ætate, 28 octobre 1965.
[3] Id., décret Ad Gentes, 7 décembre 1965.




