Retour sur le TNOC
Même s’il n’est pas tout récent il reste pertinent ! En effet, on retrouve dans le nouveau Directoire pour la Catéchèse paru en 2020, pour le monde entier, de nombreuses intuitions et convictions du TNOC.
Des textes en cohérence
Le pape François dans son discours aux catéchistes en pèlerinage à Rome en 2013 précisait que « la catéchèse n’est pas d’abord quelque chose ‘’à faire’’, un travail à accomplir ou le fruit d’un goût pour l’enseignement ». Il insistait sur « l’être catéchiste ». Être catéchiste c’est témoigner de sa foi, annoncer la foi de l’Église et pour ce faire le pape François invite tous les catéchistes à « transmettre par attraction ».
Les textes du Magistère sont en cohérence et s’enrichissent mutuellement. Le TNOC incitait et incite toujours les catéchistes à se laisser guider par la pédagogie du Christ. On perçoit alors bien ici l’importance de « l’être catéchiste ».
Les évêques ont fait le constat que : « L’Église annonce l’Évangile dans une société pluraliste où les discours les plus divers se multiplient et laissent perplexes nos contemporains sur la possibilité de trouver la vérité » [1]. Ils ont également relevé le fait que « L’Église annonce l’Évangile dans une culture où chacun entend être le maître de ce à quoi il croit et attend de l’Église qu’elle sache l’aider à être pleinement lui-même »[2].
Forts de ces éléments et au terme d’une large réflexion ils ont proposé « une direction, un cadre et des points d’appui »[3]. Voyons ici les convictions qui jalonnent ce texte et les points d'appui.

Des convictions
Une première conviction sur laquelle s’appuie tout ce texte d’orientation reprend les propos du pape Jean-Paul II qui soulignait que « le but définitif de la catéchèse est de mettre quelqu’un non seulement en contact mais en communion, en intimité avec Jésus Christ »[4].
Une seconde conviction très forte elle aussi, est que c’est toujours l’Église qui catéchise et qu’elle est par nature missionnaire. Le concile Vatican II le précisait en ces termes : « L’Église elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint Esprit selon le dessein de Dieu le Père »[5].
Pour honorer cette vocation missionnaire, les évêques ont donc fait le choix d’une pédagogie d’initiation ou pédagogie du Christ. Cette pédagogie n’est pas une ‘’technique’’ supplémentaire mais c’est l’acte de croyants visant à apporter aux enfants, aux jeunes et aux adultes tout ce dont ils ont besoin pour « se tenir dans la vie en croyants »[6]. Elle prendra appui sur le mystère pascal et aura pour visée d’annoncer le kérygme.
Pour ce faire, les évêques proposent sept points d’appui d’une pédagogie d’initiation. Gardons bien en mémoire que cette pédagogie comme nous le soulignions plus haut est avant tout une attitude.
Sept points d'appui d'une pédagogie d'initiation
La pédagogie d’initiation requiert la liberté des personnes.
Ce qui est en jeu ici c’est la liberté des personnes d’adhérer ou non au contenu de la foi. En effet, « l’expérience chrétienne que nous proposons est celle de la foi qui s’adresse à des libertés personnelles »[7].
Notre mission de catéchiste est d’articuler un accueil inconditionnel et une proposition exigeante. Pour les enfants comme pour les catéchumènes adultes notre mission sera d’expliciter pourquoi le chemin que nous proposons va prendre du temps et comment la liberté de chacun va s'épanouir.
La pédagogie d’initiation requiert un cheminement.
Cette seconde intuition vient logiquement en résonnance avec la première. Sur le chemin proposé le catéchiste est celui qui guide mais à qui le cheminement de la personne n’appartient pas. En effet, chaque individu a un cheminement personnel. Les temps de relecture sont donc les bienvenus et ouvrent à la gratitude.
La pédagogie d’initiation prend sa source dans l’Écriture.
La parole de Dieu est au cœur de toute catéchèse. Pour initier à la rencontre du Christ la médiation des textes bibliques est incontournable car un texte biblique c’est aussi l’expérience d’une rencontre.
La pédagogie d’initiation requiert la médiation d’une Tradition vivante.
La tradition transmet la parole de Dieu. Nous connaissons tous cette expression « On n’est pas chrétien tout seul » ; c’est bien de cela qu’il s’agit. Dieu se communique aux hommes et la ‘’Tradition’’ constitue tout ce qui nous est transmis depuis les débuts de l’Église.
La mission du catéchiste est de transmettre cet héritage et ne pas en rester à une présentation personnelle de sa foi.
La pédagogie d’initiation requiert des cheminements de type catéchuménal.
Dieu est présent au cœur de nos vies et c’est Lui qui vient nous chercher. L’Église accueille le don gratuit de Dieu dans les sacrements. Par conséquent, les cheminements proposés ont pour visée de faire vivre aux catéchisés la dynamique spirituelle dont la célébration du (ou des) sacrement(s) sera à la fois l'accomplissement et une ouverture encore plus ample à la vie chrétienne.
La pédagogie d’initiation requiert une dynamique du choix.
Ici c’est le domaine éthique qui est sollicité. Il s’agit de l’agir en chrétien dans une vie de partage, d’attention à l’autre, de respect de la Création en réponse au don de Dieu.
La pédagogie d’initiation requiert une ouverture à la diversité culturelle.
Le catéchiste est invité à utiliser les moyens qui sont à sa disposition aujourd’hui pour annoncer. La dimension artistique n’est pas à négliger et l’on sait combien l’art ou la musique sacrée peuvent être des portes d’entrée dans la foi.
En somme, la pédagogie d’initiation est au service de l’annonce de l’Évangile pour rejoindre toutes celles et ceux qui ont le désir d’entrer « en communion en intimité avec le Christ », car c’est bien cela le but ultime de toute catéchèse !
Mireille Joly
[1] Conférence des évêques de France, Texte National d’Orientation de la Catéchèse et principes d’organisation, Bayard - Cerf - Fleurus-Mame, Paris 2006, p. 20.
[2] Ibid
[3] Ibid p. 21.
[4] Exhortation apostolique, Catechesi tradendae, n°5.
[5] CONCILE VATICAN II, décret Ad gentes, n°2.
[6] Lettre au peuple de Dieu, Aller au cœur de la foi, p.13
[7] Lettre aux catholiques de France, p.32




