Pastorale des personnes migrantes
L’évangile nous invite à mettre les paroles de Jésus en pratique. (Mt 25) Il nous guide sur le chemin de l’accueil inconditionnel quel que soit la culture, la religion, le pays d’origine. La samaritaine, la cananéenne, le centurion romain, le bon samaritain, le lépreux samaritain… etc, Jésus ne les rejette pas, au contraire, il les met au cœur de son message d’amour et nous invite à ce déplacement en nos cœurs pour que l’étranger soit accueilli, reconnu et protégé. Derrière le mot « Migrants », il y a des personnes avec une histoire, une famille, des rêves, des souffrances, des espoirs.
Il ne faut pas oublier qu’ils ne sont pas UN danger,
mais qu’ils sont EN danger !
Le Pape François lors de son passage à Marseille le 23/09/2023 disait :
« Les migrants n'envahissent pas. Ils cherchent l'hospitalité. Ils doivent être accueillis, accompagnés et intégrés dans leurs différences. Ceux qui se réfugient chez nous ne doivent pas être considérés comme un fardeau. Si nous les considérons comme des frères, ils nous apparaitront surtout comme des dons »
Marianne Leloup-Dassonville, avocate en droit des étrangers à Paris et administratrice de l’association Droits d’urgence qui favorise l’accès aux droits des personnes les plus vulnérables :
« L’exil est une blessure incommensurable. S’en remet-on jamais vraiment ? c’est le déclassement pour tous. Et surtout le manque effroyable de tout, de tout ce qui fait le sel de la vie : les sonorités de la langue, les saveurs de la cuisine, les proches… »
Pastorale des Migrants ou Pastorale des Personnes Exilées ?
Le terme de Migrant est un terme générique et neutre qui désigne toute personne qui se déplace d’un pays à un autre (ou parfois à l’intérieur d’un même pays), quelle qu’en soit la raison : économique, familiale, climatique, professionnelle, politique, etc.
Le terme Exilé quant à lui, est un terme plus chargé émotionnellement et historiquement. Il renvoie à l’idée de quelqu’un qui a dû quitter son pays malgré lui, souvent parce qu’il y était en danger ou qu’il y était rejeté. L’« exil » implique une dimension de contrainte, de rupture douloureuse, de souffrance et aussi une impossibilité de retour.
Les personnes que nous accueillons relèvent bien de l’exil avec son lot de souffrance, de larmes et de désespoir. Il semble plus juste aujourd’hui de parler d’une Pastorale des Personnes Exilées et Réfugiées.
Le terme de Réfugié est réservé aux personnes ayant obtenu la protection d’un pays d’accueil. C’est un statut juridique lié à la persécution et protégé par le droit international.
Rôle de la Pastorale des « migrants »
La pastorale des Migrants est un service de l’Église, d’une Église qui se soucie du sort des personnes migrantes, exilées, réfugiées présentent sur notre territoire et qui souhaite en prendre soin, les accueillir et les aider le temps de leur présence à nos côtés et à plus long terme lorsqu’ils peuvent enfin s’installer au milieu de nous. L’enjeu est qu’ensemble nous sachions les soutenir à leur arrivée en France et dans leur chemin d’intégration.
Une définition de la Pastorale des Migrants ? les quatre mots du Pape François disent tout : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les personnes en exil près de nous. Ces quatre mots sont notre boussole.
S’il fallait un seul mot je dirais humaniser – mettre de l’humain - dans le parcours inhumain que subissent les personnes exilées, mettre de l’humain dans l’accueil : accueillir la personne dans le respect de son identité culturelle, sociale, religieuse, et l’écouter avec tout ce qui l’habite : ses questions, ses souffrances, sa quête de sens, ses joies, sa foi et ses relations.
Mais également humaniser les personnes exilées-migrantes-réfugiées aux yeux des Français. Mettre de l’humain dans notre regard porté sur eux, sur elles. La pastorale est donc là pour sensibiliser, faire prendre conscience de la situation des personnes contraintes à quitter leur pays. Faire connaitre les problèmes des migrations, entendre aussi les peurs, les rejets, les doutes, les laisser s’exprimer, se mettre en mots pour mieux lutter contre les préjugés.
Le rôle de la Pastorale des personnes migrantes, exilées, réfugiées est également de soutenir les initiatives et le travail en collaboration des différents collectifs, associations et organismes sociaux existants qu’ils soient laïcs, d’état ou confessionnels.
Et enfin d’encourager, les Églises locales à accueillir les communautés chrétiennes d’origine étrangère. Encourager à collaborer avec d’autres service d’Église pour mieux connaitre, prendre en compte la réalité des migrants et mieux les intégrer au milieu de nous.
Il s’agit de promouvoir ensemble « un visage d’Église qui accueille, qui prend soin de celui qui a besoin, qui réfléchit aux grands enjeux de notre temps », de favoriser « la culture de la rencontre », car, « ce n’est qu’en marchant ensemble que nous pourrons aller loin et atteindre le but commun de notre voyage. », de créer des ponts là où on pourrait ériger des murs.
Citation du Pape Léon XIV
Concrètement, à la Pastorale des Migrants du Diocèse de Besançon, ma mission m’amène à travailler en réseau avec différents acteurs, services d’Église, associations laïques, collectifs et organismes publics. Dans la diversité de nos actions, de nos manières de travailler, de penser, Nous avons tous un point commun : le sort des personnes exilées nous touchent et nous avons à cœur de nous investir pour mieux les accueillir, les soutenir et les aider. Nous sommes engagés ensemble « pour » et « avec » les personnes exilées qui sont sur notre territoire pour favoriser un vivre ensemble dans la diversité, le respect de l’autre et l’accueil mutuel.
Il s’agit de chercher ensemble quelle réponse apporter pour que nos frères migrants, exilés, réfugiés qui arrivent chez nous se sentent accueillis, attendus et trouvent leur place au milieu de nous. Prendre ce défi à bras le corps « c’est un devoir d’humanité, c’est un devoir de civilisation ! », affirmait le Pape François.
2015-2025…10 ans après,
qu’en est-il cet élan et cette détermination ?
2015, il y a dix ans, le corps d’un enfant Syrien était retrouvé sur une plage de Turquie. L’image du petit Aylan Kurdi a fait le tour du monde, elle a été comme un électrochoc et a relancé le débat sur l’accueil des migrants en Europe. Le Pape François a lancé un appel à tous les chrétiens. À la suite de cela, beaucoup de collectifs et associations se sont constitués et bons nombres d’initiatives ont vu le jour dans notre diocèse.
En 2018, Mgr Bouilleret écrivait : « Poursuivons notre action au service de ceux qui frappent à notre porte. Nous ne demandons pas pourquoi ils viennent chez nous. Nous les accueillons tels qu’ils sont avec leur histoire bouleversante, avec leur long chemin d’espoir pour arriver chez nous. » Notre détermination n’est pas une option mais le cœur de notre message de paix, de justice et de partage »
Aujourd’hui, ce qui est sûr c’est que la situation des personnes exilées est toujours un grand défi de notre société, qu’elle est de plus en plus difficile, que les lois se durcissent… mais aussi que la majorité des collectifs ou associations nés en 2015 sont toujours là et bien présents.
La Pastorale des migrants est en lien avec chacun d’eux, mais aussi d’autres associations et organismes laïcs ou d’État qui ont pour objet l’aide aux personnes exilées. Il y a une quarantaine d’associations, collectifs avec qui nous travaillons en réseau. Cette collaboration est nécessaire car ensemble, nous sommes plus efficaces, plus visibles dans notre lutte pour un accueil digne de ce nom, un accueil qui respecte les personnes et défende leurs droits. Il est important pour cela de nous connaitre, de voir comment travailler ensemble, afin de mutualiser nos forces, nos compétences et nos domaines d’intervention.
Le 29 mars 2025, le service diocésain a co-organisé une matinée de rencontre et de réflexion qui a rassemblé soixante-dix personnes d’une vingtaine de collectifs différents.
Nous sommes repartis avec cinq défis :
- Mettre en place un annuaire et une liste de diffusion de tous les collectifs et associations de la région. Ce qui permettra un visuel de l’existant et des zones blanches.
- Proposer un temps d’analyse de la pratique inter collectifs et associations avec une psychologue solidaire.
- Mettre en place un groupe de recherche autour de la responsabilité de l’accueillant.
- Préparer ensemble un événement grand public pour le 18 décembre, journée internationale des migrants.
- Organiser une deuxième rencontre au printemps 2026.
Il s’agit maintenant de s’atteler à tout cela, de continuer à faire grandir le travail en réseau, la coordination entre tous, et la conduite de projets communs.
Tout au long de l’année, les collectifs et associations sont très actifs. Certains organisent des journées conviviales, des journées sportives pour les jeunes « Mineurs Non Accompagnés », des sorties culturelles, des repas… D’autres proposent des cours de français gratuits, un des collectif le fait même dans les CADAS (Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile). D’autres encore sont plus spécialisés dans les papiers administratifs ou l’hébergement en abri de nuit et dans les familles. Certains organisent des soirées débats autour d’un livre ou d’un film, des temps de rencontre inter collectifs/assos autour d’un thème, d’un livre…
Se sont également mis en place des ateliers jardin en lien avec l’écologie intégrale, la communauté de la Roche d’Or, Claire-Combe, des sorties sportives également en lien avec la PRTL et différents collectifs. Tout un tas d’initiatives pour rendre la rencontre avec nos sœurs et frères exilés possible et bonne pour tous.
Les collectifs sur le terrain
4 dates de sensibilisation à la cause des Personnes Exilées :
- Le 6 février : Journée mondiale de commémor’action pour les personnes décédées ou disparues sur le chemin de l’exil (mer, désert, frontières…) : (existe depuis 2019, initiée par les familles des victimes de Tarajal le 6 février 2014)
- Le 20 juin : Journée mondiale des réfugiés. (souhaitée en 2001 par l’ONU)
- Dernier week-end de septembre : Journée mondiale des Migrants et des Réfugiés. (souhaitée en 1914 par le pape Benoit XV)
Message pour la Journée Mondiale des Migrants et des Réfugiés qui a eu lieu les 4 et 5 octobre 2025 :
« Dans un monde assombri par les guerres et les injustices, même là où tout semble perdu, les migrants et les réfugiés se dressent comme des messagers d’espérance. Leur courage et leur ténacité sont le témoignage héroïque d’une foi qui voit au-delà de ce que nos yeux peuvent voir, et leur donne la force de défier la mort sur les différentes routes migratoires contemporaines. »
CEF-service migration
- Le 18 décembre : Journée internationale des Migrants. (souhaitée en 1999 par l’ONU)
Je m'engage
Ne nous habituons pas, engageons-nous du côté de la fraternité !
« Nous ne pouvons pas nous résigner à voir des êtres humains traités comme des monnaies d’échange, emprisonnés et torturés de manière atroce – nous savons que, bien souvent, lorsque nous les renvoyons, ils sont destinés à être torturés et emprisonnés – nous ne pouvons plus assister aux tragédies des naufrages provoqués par des trafics odieux et le fanatisme de l’indifférence. L’indifférence devient fanatique. Les personnes qui risquent de se noyer, lorsqu’elles sont abandonnées sur les flots, doivent être secourues. C’est un devoir d’humanité, c’est un devoir de civilisation ! »
Pape François
Chers amis, nous sommes à un carrefour : d’un côté la fraternité, qui féconde de bonté la communauté humaine ; de l’autre l’indifférence […], Nous sommes à un carrefour de civilisations. Ou bien la culture de l’humanité et de la fraternité, ou la culture de l’indifférence »
Pape François
Déclaration des évêques de France à propos du projet de loi sur l’immigration à Lourdes en 2023 :
« Il importe, particulièrement dans le contexte actuel, de résister à la tentation de réduire les questions migratoires à des enjeux sécuritaires, de terrorisme ou de délinquance. Ne regardons pas ceux qui cherchent à rejoindre notre sol comme une menace pour nous, ni ceux qui s’y maintiennent, même dans des conditions irrégulières, comme des délinquants. Considérons la dignité des personnes migrantes, leurs talents et leurs souffrances. »
« Gardons en mémoire les nombreuses situations d’accueil et d’intégration réussies qui ont enrichies notre pays depuis de nombreuses années. Aujourd’hui encore, nous avons confiance dans les ressources de fraternité qui irriguent la société français »
Il y a une belle palette d’actions diverses et variées et tout est essentiel pour que les personnes se sentent accueillies et intégrées au milieu de nous. Si vous avez envie de nous rejoindre et de vivre cette belle aventure de la rencontre avec nos frères et sœurs exilés, vous êtes les bienvenus.
URGENCE HEBERGEMENT
Nous cherchons des hébergeurs solidaires. Le froid s’installe et dormir dehors devient de plus en plus dur et dangereux.
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Contact : Edith Robert, 06 70 05 07 70
Contact
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Responsable
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Mme Edith Robert laïc
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