Vie consacrée
La vie consacrée est « une forme de vie stable par laquelle des fidèles, suivant le Christ de plus près sous l’action de l’Esprit-Saint, se donnent totalement à Dieu aimé par-dessus tout, pour que, dédiés à un titre nouveau et particulier pour l’honneur de Dieu, pour la construction de l’Église et le salut du monde, ils parviennent à la perfection de la charité dans le service du Royaume de Dieu et, devenus signe lumineux dans l’Église, ils annoncent déjà la gloire céleste. »
Elle est assumée librement par des fidèles « qui, par des vœux ou d’autres liens sacrés selon les lois propres des instituts, font profession des conseils évangéliques de chasteté, de pauvreté et d’obéissance. »
(Source : Droit canonnique 573 §1 et 2)
Quelles en sont les différentes formes ?
Contrairement à une idée reçue, la vie consacrée ne se résume pas à la seule vie religieuse. Ainsi, les personnes consacrées se distinguent-elles par la profession qu’elles font – via des vœux ou un autre engagement – des conseils évangéliques de chasteté, de pauvreté et d’obéissance.
On distingue quatre formes de vie consacrée, selon le Droit canon :
- Les instituts religieux
- Les instituts séculiers
- Les vierges consacrées
- Les ermites.
Les instituts religieux
Une grande part de la vie consacrée est constituée par la vie religieuse, religieux et religieuses se distinguant par « des vœux publics » et une vie fraternelle en commun (canon 607 §2). La vie religieuse peut prendre elle-même différentes formes : monastique et contemplative (bénédictins, cisterciens, chartreux, carmélites…) ou apostolique (dominicains, jésuites, Frères des écoles chrétiennes, ursulines…).

Religieuses monastiques : Bénédictines Religieuses contemplatives : Carmélites
Assimilées aux instituts religieux, les sociétés de vie apostolique (Missions étrangères de Paris, communauté Saint-François-Xavier…) se distinguent par le fait que leurs membres, tout en menant une vie fraternelle en commun, n’émettent pas de vœux religieux (canon 731 §1).

Prêtres dominicains Missions Étrangères de Paris
Les instituts séculiers
Reconnus en 1947 par Pie XII, les instituts séculiers rassemblent des individus qui, sans vie commune, mènent leur vie « dans les conditions ordinaires du monde, seuls ou chacun dans sa famille, ou encore dans un groupe de vie fraternelle » (canon 714). Les membres d’un institut séculier peuvent être des prêtres diocésains (Institut du Prado…) ou des laïcs, hommes ou femmes (Jésus Caritas…) qui, vivant dans le monde, « tendent à la perfection de la charité et s’efforcent de contribuer surtout de l’intérieur à la sanctification du monde » (canon 710). Ils sont liés par des vœux ou une promesse.

Institut séculier Notre-Dame de Vie Institut séculier Notre-Dame du Travail
Les vierges consacrées
Les vierges consacrées représentent quant à elles une des plus anciennes formes de vie consacrée connues dans l’Église, citée dès les écrits de Paul et dans les Actes des Apôtres. Consacrées à Dieu par l’évêque diocésain, auquel elles sont liées, selon un rituel liturgique hérité de longue date, les vierges « épousent mystiquement le Christ Fils de Dieu et sont vouées au service de l’Église » (canon 604 §1) et font partie de l’ordre des vierges.
Y sont souvent assimilées les veuves consacrées, elles aussi connues dès les temps apostoliques, même si elles ne figurent pas comme telles dans le code de droit canonique – mais elles sont citées avec les vierges dans le code des canons des Églises orientales (canon 570). En 1984, Rome a approuvé un rituel spécifique de la consécration des veuves qui, selon les endroits, se rassemblent dans des instituts séculiers (Institut Sainte-Françoise-Romaine) ou des associations de fidèles (Fraternité Notre-Dame de la résurrection).
Les ermites
L’Église reconnaît aussi les ermites qui « vouent leur vie à la louange de Dieu et au salut du monde dans un retrait plus strict du monde, dans le silence de la solitude, dans la prière assidue et la pénitence » (canon 603 §1). L’ermite fait profession publique entre les mains de l’évêque, sous l’autorité duquel il mène sa vie érémitique.
De nouvelles formes de vie consacrée
« À ces formes anciennes s’ajoutent de nouvelles formes de vie consacrée, signes de la complémentarité des dons de l’Esprit Saint. Certaines sont des formes anciennes, nées de nouveaux élans spirituels et apostoliques, d’autres sont des expériences originales, à la recherche d’une identité propre dans l’Église, en attendant d’être officiellement reconnues… » Jean-Paul II, La vie consacrée, Cerf, 1996.
Les « associations de fidèles » et « communautés nouvelles »
Des chrétiens choisissent de se lier entre eux pour s’entraider dans leur vie spirituelle ou en vue d’un objectif commun, un peu à la manière des associations loi 1901. Ces associations de fidèles et communautés nouvelles (communauté de l’Emmanuel, communauté du Chemin-Neuf, communauté des Béatitudes), d’une très grande variété, sont reconnues par l’Église. Leurs membres restent laïcs et le disent clairement : « Nous voulons vivre l’évangile en laïcs ». Cependant, certains d’entre eux peuvent se consacrer à Dieu par un engagement privé et deviennent des « laïcs consacrés ».
Les laïcs associés aux instituts religieux ou aux monastères
Certains laïcs désirent partager l’idéal de vie chrétienne vécu par des instituts religieux. Ils leur demandent une forme de « rattachement ». Cette manière de vivre, pour des laïcs, prend de l’ampleur depuis quelques années. On emploie aussi l’expression de « famille évangélique » qui rassemble des chrétiens de vocations diverses (laïcs, religieux…) se référant à une même spiritualité (franciscaine, dominicaine, ignatienne, etc.)
(Sources : Église.catholique en France ; La Croix)





