Chemin de croix de l'église de Recologne
Ces œuvres reflètent bien l'époque : sous les traits de Ponce-Pilate, on reconnaît Napoléon III, le mauvais larron est Jules Grévy et le bon larron l'artiste lui-même.
Une autre œuvre, aux couleurs intenses, représente sainte Anne sous les traits d'une jeune châtelaine, née Seguin de Jallerange. Une récente étude architecturale a révélé que les sculptures visibles sur la chaire ont été réalisées avec la même terre cuite que le chemin de croix.
L'artiste ? C'est Marie Ferdinand Xavier Fidèle vicomte Chifflet d'Orchamps, né le 30 novembre 1812 à Besançon. Issu d'une célèbre famille de collectionneurs et de mécènes, Marie Ferdinand allait être artiste et créer pour le plaisir des autres. Dessinateur, aquarelliste, écrivain, il se lancera aussi dans la sculpture.
Mauvais gestionnaire, il devra vendre en 1839 l'hôtel familial situé rue des Granges. C'est lui qui vendra au Musée des Beaux-Arts de Besançon le célèbre taureau d'airain à trois cornes, d'Avrigney. En 1839, son oncle, Camus de Filain, lui cède, entre autres, le château et les terres de Recologne.
En 1881, la mairie refuse une donation de ses héritiers pour la fondation d'une école de filles tenue par les sœurs de la Charité.
Et pourtant, Chifflet avait été maire de Recologne et, en 1870, alors qu'otage des troupes allemandes pour le canton d'Audeux pendant l'occupation prussienne, il avait négocié une réduction de la contribution imposée aux habitants.
Ces œuvres de Chifflet sont la seule trace aujourd'hui de sa présence à Recologne. Il décède le 30 mai 1879 et sera enterré à Recologne, dans la tombe familiale. Son épouse, Marie Victorine Roy de la Chaise, décèdera en 1910. Ils n'avaient pas d'enfants. Aucune tombe n'est visible, ni connue à ce jour.
François Jost
(Source : Reflets du Val de l'Ognon, n° 147, mars 2021)
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