Accompagner des enfants vers le sacrement de pénitence et réconciliation
Confesser l’amour de Dieu en même temps que son péché
Les adultes ont tous des représentations mentales quand il s’agit du sacrement de pénitence et de réconciliation : souvenir apaisant, moment de belle écoute, peur d’y aller…
Dans le cadre de la catéchèse l’enfant ne demande pas à recevoir ce sacrement. Pourtant ce sacrement lui est proposé à partir de 8 ans et ensuite normalement chaque année de catéchèse. En effet, l’Église demande aux baptisés de recevoir ce sacrement au moins une fois l’an, par exemple avant Pâques.
Il est bon la première fois comme pour les autres fois d’accompagner l’enfant.
Cheminer vers ce sacrement demande de l’écoute, de la patience et de la confiance. Un chemin de délicatesse s’ouvre alors pour que l’enfant relise son histoire et puisse y discerner l’amour de Dieu bien présent et aussi la ou les rupture(s) avec cet amour.
En effet, le Catéchisme de l’Église Catholique précise au n° 1440 que le péché « c’est une rupture de communion avec Dieu. Il porte atteinte à la communion avec l’Église. C’est pourquoi la conversion apporte à la fois le pardon de Dieu et la réconciliation avec l’Église et c’est ce qu’exprime et réalise liturgiquement le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation ».
La place de la parole de Dieu
Comme l’indique le Rituel au n° 66 : « La lecture sera habituellement choisie par le pénitent. En fonction de ce texte, il dira quel appel il a pu percevoir et le prêtre pourra amorcer le dialogue. S’il n’y a pas eu de référence à la Parole, le prêtre orientera le pénitent vers tel ou tel texte de l’Écriture annonçant la miséricorde de Dieu et invitant à la conversion. »
Avec les enfants, la parole de Dieu partagée en amont dans le groupe de catéchèse leur permet de redécouvrir le Père tout amour et dénonce le péché. Les trois paraboles dans l’évangile selon saint Luc (15, 3-32), les Béatitudes (Mt 5, 3-11) ou le Décalogue (Ex 20, 1-17) permettent de se placer devant une Parole tranchante et sont habituellement retenus par les catéchistes. Ainsi, après un partage chacun peut prendre le temps de la relecture et faire son examen de conscience.
Offrir l’espace de la relecture
Souvent les enfants et/ou les adolescents disent « Je ne sais pas quoi dire ! Je n’ai rien à dire, je ne fais pas de péché ».
N’oublions pas, nous catéchistes, que ce sacrement offre cet espace qui met dans l’humilité devant Dieu. Ce Père infiniment bon qui nous attend et nous espère sans cesse malgré notre faiblesse et cette rencontre est essentielle.
« Si nous disons que nous n’avons pas péché, la vérité n’est pas en nous » (1 Jn 1,8-10). En effet, avoir le sentiment de n’avoir rien à dire est sans doute le signe qu’il y a quelque chose à changer dans sa vie, une conversion à vivre.
Il est bon d’accompagner les enfants dans leur relecture et de ménager un beau temps de silence (ou avec une musique douce) pour que chacun puisse se mettre en présence du Seigneur et face à lui-même.
Pour cela, il est possible de proposer une trame qui permet de discerner : le péché envers Dieu - envers soi-même - envers son prochain - envers la Création.
Pourquoi un prêtre ?
Le pape François répond à cette question : « Le pardon de nos péchés n’est pas quelque chose que nous pouvons nous donner à nous-mêmes. Je ne peux pas dire : je me pardonne mes péchés. Le pardon se demande, il se demande à quelqu’un d’autre et dans la confession, nous demandons à Jésus son pardon.
Le pardon n’est pas le fruit de nos efforts, mais c’est un cadeau, un don de l’Esprit-Saint, qui nous comble dans le bain régénérant de miséricorde et de grâce qui coule sans cesse du cœur grand-ouvert du Christ crucifié et ressuscité. C’est seulement si nous nous laissons réconcilier dans le Seigneur Jésus avec le Père et avec nos frères que nous pouvons être vraiment dans la paix. Et cela, nous l’avons tous ressenti dans notre cœur lorsque nous allons nous confesser, avec un poids sur l’âme, un peu de tristesse; et quand nous recevons le pardon de Jésus, nous sommes en paix, avec cette paix de l’âme qui est si belle et que seul Jésus peut donner, lui seul. » Pape François audience générale, 19 février 2014.
Chers catéchistes, n’hésitez-plus à proposer ce sacrement à tous les enfants à partir de 8 ans. C’est un beau cadeau à leur faire (et à vous faire) et l’occasion aussi de se familiariser avec ce sacrement trop souvent oublié au cours des années de catéchèse.
Mireille Joly




