De Port-Royal à Besançon — Commission Diocésaine d'Art Sacré

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De Port-Royal à Besançon

Publié le 09/07/2025
La chapelle Notre-Dame de Consolation des religieuses Bernardines (Ordre cistercien) située rue du chapitre est plus connue sous le nom de chapelle des Sœurs de L’Alliance. Le bâtiment est béni le 7 novembre 1799. Cinq baies, le long de la nef, évoquent l’histoire des religieuses de Port Royal invitées en 1840, par Monseigneur Mathieu archevêque, ancien supérieur du monastère des Bernardines de 1828 à 1830.

Les vitraux forment un ensemble cohérent, composés sur un même schéma.  Sur un fond d’azur des fleurs de lys épanouies ou en boutons, sont suspendues à une tige centrale avec un médaillon figuré, et un écu armorié.

Les verres sont légèrement texturés diffusant une douce lumière. Armoiries et figures sont peintes, la bordure est réalisée avec des couleurs plus soutenues de verres teint dans la masse. De lancettes en lancettes, on chemine le long de l’histoire des religieuses de Port Royal.

Le monastère cistercien est fondé en 1204 par Mathieu de Montmorency, seigneur de Marly dont les armes occupent le haut de la verrière et dans le médaillon central, les premières constructions. En 1625, les religieuses s’installent à Paris. Marie Angélique, abbesse de 11 ans réforme la communauté imposant la règle stricte de Saint Benoit et fonde l’institution de « l’Adoration Perpétuelle du Saint Sacrement » approuvée par le pape Innocent X.  Les armes du pape comme un ostensoir avec le saint sacrement ornent le vitrail. Les religieuses quittent l’habit cistercien au scapulaire noir et à la coule blanche pour le manteau et le scapulaire blanc orné d’une croix écarlate.

Le monastère s’ouvre au jansénisme.  Cette doctrine chrétienne est exposée par l’évêque d’Ypres Jansénius. La grâce du Salut ne sera accordée qu’aux seuls élus dès leur naissance et non sur la liberté et les mérites de l’homme. Ce courant séduit Jean Duvergier de Hauranne, confesseur et directeur de conscience de l’abbaye de Port Royal de Paris.

Suite à la révolution française, le reliquaire d’argent de la sainte Épine, appartenant à Port Royal, disparaît. Louis XVI fait prélever une épine de la couronne conservée à la Sainte Chapelle. Les armes de France comme l’épine figurant sur le vitrail évoquent cet épisode.

En 1840, la communauté s’installe au 17 de la rue du chapitre à Besançon, 30 moniales sont présentes en 1894, le vitrail est illustré par une vue de Besançon en grisaille et les armes de Monseigneur Mathieu. La dernière verrière, aux armes de Monseigneur Petit, représente le sacré Cœur de Jésus entouré de la couronne d’épines, surmonté d’une croix. Les Bernardines fondent à Saint-Rémy les Montbard, une fondation dédiée au Sacré Cœur.

En 1927, elles achètent l’abbaye cistercienne de la Grace-Dieu qui date du XIIe siècle. Elles y resteront jusqu’en 2008.

Renascitur sub arce bisuntina 1840 ("Renaît sous la citadelle de Besançon").
Armes de Monseigneur Mathieu
© Gabriel Vieille

Ditatur Spinea Corona 1791 ("S’enrichit de la couronne d’épine")
Armes de France
© Gabriel Vieille

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